18/11/2008
[...] depuis quelques années je me suis lancé assidument dans une démarche créative de manière totalement autodidacte au gré de mon inspiration. Elle m'a guidé progressivement dans de nouvelles directions, de nouvelles approches ; au fur et à mesure mes goûts se sont réorientés, concentrés, mon approche a mûri. De mes premiers collages frénétiques et parfois revendicatifs, en tout cas fortement marqués par mes pensées du moment, j'ai évolué vers de l'assemblage, une approche plus en volumes, en fonction de mes recherches et explorations dans des friches ou des brocantes, en milieu urbain mais également rural. C'est ainsi que je suis rentré en contact avec le métal et c'est immédiatement devenu une évidence. Cette attirance s'est d'abord exprimée via la photographie avant de devenir un besoin de me confronter physiquement à la matière.
Hermétique, rude, contraignant, difficilement transformable, autant de mythes sur le métal qu'une formation de sculpture sur acier chez l'artiste sculpteur Raymond CONVERSET a fait tomber, m'invitant à aller plus loin pour mieux comprendre cette matière. A partir de là je me suis essayé à des techniques qui m'ont permis de maîtriser ce matériau et d'expériences en expériences j'en suis venu à la sculpture à partir de plaques d'acier rouillées et d'objets métalliques trouvés dans un nouvel univers, celui des ferrailleurs. En ont résulté des structures en volumes souvent abstraites, parfois tribales, animales ou mécaniques.
Dès lors, à la faveur de mes rencontres avec des artistes ou des professionnels de corps de métiers que je ne connaissais jusqu'alors que via mon expérience de consommateur, je me suis essayé à d'autres types de constructions. D'abord la reconversion ou le détournement d'objets industriels, puis la création de pièces de mobilier plus fonctionnelles, en passant par les luminaires à partir de matériaux revisités ou des créations excentriques. Au départ focalisé sur le métal rouillé, j'ai développé un travail sur les patines appliquées à l'acier, explorant toutes sortes de façons de renvoyer la lumière pour mettre en exergue la pureté et la douceur de l'acier. Par ailleurs, j'ai travaillé le mélange des matériaux pour faire cohabiter la supposée froideur du métal avec la chaleur du bois ou la transparence du verre. Car le métal n'est pas froid, sa conductivité thermique en fait au contraire un grand voleur de chaleur! [...]
Jean-Philippe Dham
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